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1 février 2012 3 01 /02 /février /2012 16:00

28 juillet: Exploration autour de l'Eslan

 

4h du matin le 28 juillet, notre première journée d’alpinisme vient de démarrer. L’objectif est de trouver un point de faiblesse sur la crête sommitale du massif à gauche ou a droite du Resko. Ces percés et devraient nous permettre d’explorer soit les deux bassins glaciaires du massif autour de l’Elsan ou bien les vallées sud du massif.

Lestés comme une Peugeot Kurde de notre quincaillerie nous remontons la vallée glaciaire du Resko sur un semblant de sentier marqué du passage des troupeaux, le long du torrent de fonte. Une heure de marche plus tard nous gagnons le fond de la vallée et les bords du lac de moraine né du recul du glacier du Duvar Tepe. Les taches de couleurs des fleurs piquetant les rives du lac répondent aux stries blanches et grises des séracs qui s’effondrent dans le lac, sous les parois immuables du Resko et du Duvar Tepe. Les appareils photo crépitent devant ce paysage quasi-Patagonien presque incongru dans ces confins orientaux, à quelques centaines de kilomètres de la fournaise estivale du désert Irakien…

 

Le Glacier du Duvar Tepe

Ascensions 0042

Sur la gauche du Resko qui nous fait face, le col à vache indiqué sur le croquis s’avéra être une inquiétante brèche dans une inquiétante falaise échouant sur un glacier souligné de barres rocheuses. Son ascension nous parait complexe et c‘est sur les parties du droite du massif, les contreforts Est du Duvar Tepe au-dessus du glacier éponyme, que nous nous engageons.

Le terrain fait de pelouses alpines raides coupées de barres rocheuses se montre assez ingrat : les touffes d’herbes et massifs de fleurs s’avèrent aussi agréables pour les yeux qu’utiles pour les mains quand les pieds commencent à déraper sur ses pentes abruptes. Aux environs de 3000 m les dernières fleurs laissent la place aux éboulis puis aux rochers polis abandonnés par les glaciers désormais limités aux cirques sommitaux.

A 3300 m, nous sortons les crampons pour attaquer les glaciers à vif sur leurs parties basses. Nous découvrons une brèche dans la crête sommitale qui borde le bassin glaciaire à environ 3700 m, que nous atteignons après avoir contourné une rimaye dont l’appétit commence à s’ouvrir. L’horizon s’ouvre alors sur les contreforts sud du massif et leurs sommets arrondis parsemés de névés. De la brèche la progression sur l’arête est et ses ressauts déversant semblent difficiles.  Nous choisissons de tenter de traverser vers le glacier du Suppa Dürek situé derrière les falaises qui nous font face à l’ouest.

Après la redescente  en diagonal sur le glacier 3 longueurs d’escalade en 4 sup sur un rocher parfois traître nous emmènent à 3600 m sur la crête, de laquelle la descente vers le glacier du Süppa Durek nous semble possible en 2 ou 3 rappels.

 

Crête à atteindre

Montée au col

De cette crête, Le panorama s’étend sur l’ensemble du massif du Cilo, et la plupart des sommets semblent protégées par de hautes (souvent plus de 800 m de hauteur) parois rébarbatives. Nous croyons  cependant discerner quelques itinéraires envisageables en suivant des rares lignes de faiblesse.

 

Dans les dernières longueurs faciles qui permettent d'accéder à la ligne de crête

Du col

 

Du bas du premier rappel d’où nous surplombons le glacier du Süppa Durek, celui-ci nous semble étonnamment proche, et nous posons le dernier rappel. Malheureusement, les 50 m des cordes de rappel abandonnent Alexandre en pleine paroi polie par le glacier. Alex improvise une désescalade exposée, 5 mètres au-dessus d’une rimaye béante affamée en cette fin d’après-midi. Nous terminons cette dernière difficulté sur coinceurs et pitons mais la descente est encore longue.

 

Alex décontracté dans le premier rappel

Rappel

Il faut descendre ce vaste glacier du Suppradurek et son imposant névé, accolé sur son bas. Fort heureusement la descente nous réserve peu de surprise si ce n’est un délicat passage raide et glissant sur des rochers lissés par les glaces. Ici aussi le réchauffement climatique ne se cache plus pour montrer ses attaques.

Alors que le soleil disparaît sous les collines pelées à l’ouest nous prenons ensuite pied sur les pierriers de moraine instables qui heureusement après quelques centaines de mètres et presque autant de jurons cèdent place aux pelouses alpines nous ramenant au camp. Il est 21 h, nous marchons depuis 16h, il fait nuit depuis 3 heures et faim depuis presque autant. Nous mangeons dans le silence, les montagnes oubliées du Cilo encore dans les mirettes malgré la nuit qui nous entoure. Une douce torpeur commence à nous envelopper avec la tension de cette longue journée qui s’éloigne, et il n’y a rien d’autre à faire que de céder à cette  petite mort du montagnard repu de parois et de sommets…

Longue redescente sur le glacier du Suppra Durek

 III-A 19

29 juillet: découverte des falaises de la rive droite du Mia Hvara

Le lendemain au réveil le soleil éclaire déjà le sommet du Resko, et de fait la tempête de ciel bleu perdurera durant toute la semaine passée sur le Cilo. Le ciel présente ici une constance inconnue des alpinistes français branchés sur les prévisions météo. L’anticyclone vissé sur le sud-est Turc tout l'été garantit un ensoleillement à peine contrarié par quelques passages de nuages élevés. Les températures caniculaires en plaine, chaudes en montagne (entre 15 et 20 °C la nuit au camp à 2500 m, mêmes valeurs la journée à l’ombre à 3500 m, y compris sur les glaciers) font que les polaires et autres vêtements de protection n’ont eu pour fonction que d ‘encombrer les fond de sac. Ce non regel nocturne a avant tout pour conséquence de garantir des conditions de neige constante. Les glaciers lorsqu’ils ne sont pas à vif offrent une couverture neigeuse stable et tassée à tout heure.

Ainsi la disparition du risque d'évolutions orageuses et la constance des conditions neigeuses  nous donnent la bénédiction pour des réveils pas trop matinaux (entre 4h et 5h).

Mais en ce lendemain de bambée, les muscles sourient moins que le ciel. Les beaux piliers situés rive droite du torrent du Mia Hvara, en face des tentes, semblent tout indiqués pour une journée de « repos ». Ici pas d’approche glaciaire, mais les chardons qui seuls résistent aux assauts des troupeaux marqueront également nos mollets.

 

Falaise Nord-Est

Falaises N-E Mergan

Après 2 heures de marche nous parvenons au col de Der-I-Cafer et y découvrons ce qui ressemble à des vestiges récents de combats. Après avoir mitraillé le panorama de photos, nous décidons de gravir un beau pilier s’élançant en face du col sur une hauteur d’environ 150 m. L’escalade y tient toutes ses promesses sur un beau rocher sculpté d’une adhérence exceptionnelle, avec des passages verticaux mais toujours prisus, le tout face aux sommets du Cilo.


Un truc Cafer

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 Le retour à pieds du sommet dans les pentes herbeuses n’est une formalité que pour Alexandre et Thomas. Barbara trébuche sur une pierre et chute sur les genoux. Ce derniers ne tolèreront pas d’appui francs. Il ne reste moins d’une demi-heure de marche qu’on effectuera en 3 fois plus de temps encore une fois à la frontale. Nous prenons la mesure d’un accident dans un environnement isolé, sans possibilité d’alerte et ou d’assistance.

Vue du Col Deri Cafer

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Dans un Truc Cafer

Dans un truc Cafer-copie-1

30 juillet: tentative Eslan, l'école d'escalade de Mergan

La troupe est déjà marquée : Les genoux de Barbara rechignent à plier tandis que les douleurs au ventre d’Alexandre se sont intensifiées cette nuit. Alex et Thomas décident malgré tout de viser le sommet de l’Elsan, qui nous a semblé accessible par son arête sud lors notre première journée. Ils et reprennent le chemin de l’avant veille.

Barbara profitera de sa dispense de sport pour faire un stage d’insertion au camp kurde: D’ailleurs, Les troupeaux qui coulent sur les flancs des montagnes annoncent que l’heure de la traite approche. Juste le temps de nouer un foulard sur la tête et de couvrir les épaules que les bergers se détachent du flux du troupeau pour nous convier à un thé. Il fait terriblement chaud sous ce qui est pourtant une tenue très légère comparée aux empilements de pantalons et de jupons que portent les femmes kurdes. Voir article "Une journée à la kurde"

L'organisation de la traite est la même que celle décrite par Bernard Amy. Un demi parc ouvert sur un sas de muret de pierre permet de stocker les bêtes avant qu’elles ne passent au compte gouttes dans le sas. Les bergères sont assises en 2 rangées parallèles telles deux équipes de rugby qui se font face. Elles ont revêtu un pantalon de jute sur leur empilement de jupe et jupons qui les protège des salissures. Au centre, stratégiquement perché sur un gros cairn avancé sur l’entrée du parc, un berger-arbitre distribue les brebis de part et d’autres de son ilot pierreux aux bergères qui les interceptent pour les traire. Les enfants jouent les ramasseurs de balles en allant chercher les bêtes resquilleuses.

Le match terminé, les bidons remplis sont ensuite filtrés. On les entrepose dans des bassins d’eau fraiche naturels  en attendant que les braises rougissent et que les ateliers successifs à la fabrication des fromages se montent. Tandis qu’on grignote des concombres en guise de sucre d’orge et qu’on sirote un verre de thé. Le lait tiédit sous le feu, dans quelques heures se sera du yaourt ou du fromage blanc aux herbes. La chaleur de l’après midi invite à s’assoupir mais bien souvent d’autre activités s’embraillent comme le lavage de la laine ou la collecte de branchage pour le feu. Ces taches sont souvent réservées aux enfants. 

 Ces quelques heures de calme permettent aux adulte a s’adonner la prière. La communauté Kurde de Mergan est musulmane, mais nous sommes bien loin des clichés religieux  moyen-orientaux : Les femmes ne sont pas voilées jusqu’au bout du nez, le fichu coloré qu’elle nouent sur le cheveux tient plus de la tenue traditionnelle que de l’impératif religieux. En période de Ramadan, le fil de prière est globalement respecté, en dehors de cette période, les usages semblent être assez permissifs : la pratique assidue n’est pas une généralité. En bref, la religion si elle fait partie de leur existence (on fait référence à Allah dans certains slogan du PKK) n’envahit pas le quotidien.

Plus haut sur les flancs de l’Eslan, les intestins d’Alexandre ne sont pas plus vaillants que les genoux de Barbara. Au début des moraines du Tepe décision est prise  de renoncer et redescendre rentrer au camp.

L’équipe est ainsi de nouveau au complet mais pour la plupart guère apte à quelques unes ascensions aujourd hui. L’occasion alors de faire partager nos activités à nos voisins : nous installons des moulinettes et faisont ainsi basculer les volontaires dans le monde de la verticalité. Cela restera très éloigné pour eux mais ils se livrèrent à ce « vit ma vie » avec entrain et curiosité. Peut être avons nous fait naitre des vocations ? Voir article "L'école d'escalade sur le roc de Mergan"

 

L'élégante Eslan

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31 juillet: Fête Kurde et promenade digestive verticale


Aujour dhui est une journée particulière, c’est ce que nos voisins kurdes nous avait fait comprendre à force de mimes et gestuelles hier : c’est la fête de la tonte. Les mois d’été sont en effet la période ou la laine est coupée,  ainsi ce 31 juillet se propose de célébrer cette tradition :

À cette occasion les familles de la vallée montent au camp de Mergan dans leurs plus beaux habits. La vallée habituellement si sauvage est méconnaissable : tonte, lavages de la laine et BBQ de mouton le tout largement agrémenter de chant kurdes s‘enchainent jusqu’au soir. Chaque famille  s’accapare un espace de verdure ou elle installe son camp pour la journée, un drap au sol ou une petite tente.  Pendant que l’on tond le cheptel, un mouton ou une chèvre est dépecé et préparé pour le repas de midi. Toutes les familles ainsi parsemée dans le vallée auront sensiblement le même menu : riz, salade de tomates et concombres, viandes grillées, mangées entre deux tranches de pain puis pastèque et bien sûr le thé, incontournable. Voir article "La fête de la tonte" et voir la vidéo de la fête de la tonte

Parmi les femmes aux tenus festives traditionnelles et les bergers endimanchés, quelques cameras et journalistes à micro contrastent par anachronisme. Ils immortalisent cette tradition avec ferveur, Notre présence insolite les intéressera beaucoup et ferra même l’objet de menus reportages. Cette couverture médiatique nous a d’abord surpris mais avec du recul, nous réalisons maintenant que ce n’est si décalé que cela : les kurdes ont bien compris que pour exister sans état ni nation, il faut préserver cette culture, entretenir cette identité et faire vivre les traditions. Pour cela il faut transmettre et faire partager cette culture au plus grand nombre via les canaux d’information. En discutant avec l’un des journalistes nous réaliserons que cette fierté, se besoin d’appuyer leur différence est le reflet pacifique de leur combat. Voir article "On en parle peu..."

Les derniers clichés pris, la dernières bouchés de sandwich au fois de moutons ingurgitées,  nous optons pour une promenade verticale digestive sous la forme d’un beau pilier d’une centaine de mètres de haut repéré depuis le bas, dont la descente semble possible à pieds par un système de vires. La grimpe s’y avère un poil plus difficile qu’escompté du bas. Nous rentrons après deux longueurs d’une escalade courte mais physique sur un rocher sculpté, presque coupant. Les chaussons cramponnent presque à la verticale sur ces micros piquos de calcaire.


Mergan Express ou la "promenade" digestive

Mergan Express topo

Encore quelques mouvements pour Thomas

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1er août: ascension de L'Eslan

Aujourd’hui nous ne pouvons prétexter aucune blessure ou fête Kurde pour paresser dans le duvet. Nous partons aux premières lueurs du jour en direction de l’Elsan dont la première tentative a été vite avortée l’avant-veille… L’accès désormais bien connu ne nous pose aucune difficulté. 

 

Eslan

Voie d'ascension au col

Au bout de 4 heures de quasi escalade dans les pentes herbeuses et sur les crêtes des moraines nous arrivons au pied de l’arête sud-ouest. Nous grimpons les longueurs qui nous séparent du sommet sur des rochers aussi solides qu’un budget Grec. Suivre l’arête s’avère être l’itinéraire le plus protégeable sur ce rocher délité et le moins exposé aux chutes de pierres quasi constantes dans les parois.

 

Vu de l'arête sud-ouest

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Dans ce terrain de piles d’assiettes en pleines scènes de ménage, la descente se fait en désescalade précautionneuse. Après quelques longueurs délicates sur la partie haute de l’arête sud-ouest, nous pouvons remiser les baudriers au fond du sac et descendre les rochers brisés de la partie basse de l’arête. Une enfilade de névés nous permet de rejoindre en ramasse le lac glacière du Duvar Tepe sur sa partie basse, et ainsi d’éviter l’interminable descente par les pentes herbeuses.

Toujours sur la crête

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Sur la crête, un rare passage ou le rocher est bon

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Voilà notre premier vrai sommet du massif du Cilo gravi… certes pas le plus alpin mais en tout cas un belvédère unique sur tout le massif de par sa position reculée en deçà de la crête principale.


Au sommet, au fond le Resko

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2 août: Escalade d'un éperon sur les falaises de droite: voie Havva


Aujourd’hui l’objectif est de grimper moins haut mais plus dur, et c’est donc tout naturellement que nous retournons vers les belles parois rocheuses de la rive droite du torrent du Mia Hvara, juste en face de nos tentes. Nos velléités de trouver un itinéraire pas trop difficile dans toute la face, débouchant sur la crête 800 m plus haut, se retrouvent face à un mur compact de calcaire sans ligne de faiblesse évidente.

Après un long repérage au bas de la parois et au zoom des appareils photos, nous finissons par repérer un éperon ne paraissant pas trop difficile et débouchant sur un col rocheux situé sous un surplomb plus que rébarbatif, même vu depuis le bas de la voie. Nous commençons donc l’ascension sans grand espoir de passer ce col. L’escalade devient vite plaisante sur un rocher qui colle aux chaussons, de plus en plus soutenue jusqu’à une très belle quatrième longueur en 6a. Alex en tête hésite sur le meilleur itinéraire, pitonne, dépitonne, monte, descend, part à droite, à gauche, pour finalement trouver sa voie et relayer sous le col après un joli petit pas de surplomb sur bacs. De ce relais le col n’est plus qu’à un jet de corde, et nous y parvenons tout émoustillés à l’idée d’admirer les contours de notre surplomb sous un nouvel angle. Las, ce surplomb ne semble pas plus facile que vu du bas, et il nous faut donc envisager une retraite sans conquérir l’impossible. Nous prenons une vire descendante prometteuse, et effectivement cette vire nous amène facilement sur un impressionnant couloir de pierrailles qui fend le rideau de parois rive droite du torrent du Mia Hvara. Ce couloir très encaissé sous des parois de 500 m de haut à l’ambiance presque spéléologique conduit facilement sur ses éboulis roulements à billes au pied de la paroi et à la prairie accueillante où paissent nos tentes.

Ce retour précoce permettra un coucher avec les poules… euh les moutons le soir, en préparation de la très grande journée d’alpinisme prévue le lendemain.


Voie Avva

 Avva Topo-copie-1

 

3 août: Tentative Mir Hamza


Le départ se fait aux premières lueurs pour l’aiguille de Mir Hamza, ayant été repérée sous différents angles lors de la traversée glaciaire du 28 juillet et de l’ascension de l’Elsan l’avant-veille. Une aiguille calcaire bien individualisée, de profil triangulaire, dominant la langue terminale du glacier du Suppa Durek, dont la face est semble offrir des éperons à l’escalade accessible à nos modestes moyens de grimpeurs.

L’approche consiste à passer progressivement des douces prairies du camp au plateau glaciaire du Suppa Durek, à travers éboulis, pentes de neige raides puis langue en glace vive du glacier du Suppa Durek. Itinéraire que nous avant ouvert à la descente le premier jour d’exploration.

La paroi est de l’aiguille de Mir Hamza se rapproche, et aucune rimaye ne vient gêner le passage de la glace vive de la langue terminale du glacier aux rochers instables laissés là par le recul glaciaire très rapide, encore plus évident ici.


Mir Hamza

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L’observation du beau rocher calcaire compact nous met des fourmis dans les chaussons, et c’est la fleur au descendeur que nous commençons par grimper corde tendue puis tirons notre première longueur dans un beau dièdre.

Picnique aérien pour Alex

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Dans ce terrain d’aventures intégral, jamais topographié, parcouru ou purgé, il importe de tester chaque prise et de trouver le bon itinéraire, même si le rocher offre pléthore de becquets à sangles et de fissures et friends. Dans ces conditions les longueurs se succèdent relativement vite, et même si le sommet paraît toujours aussi lointain.

Barbara

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Même si le temps nous paraissait suspendu dans ce silence immuable, sur cette paroi où nous progressons sans que la cime semble se rapprocher, la montre nous indique une heure déjà bien avancée, ne nous laissant que 2 heures avant le crépuscule. Il est encore temps de nous décider, sachant donc que 2 options peuvent être choisies : poursuivre l’ascension et donc très probablement bivouaquer en paroi sans aucun matériel (mais les nuits sont douces dans le Cilo, même à haute altitude), en attendant patiemment sur une vire inconfortable vachés sur un bout de métal que l’horizon s’éclaire à l’est, ou entamer de suite les rappels de descente, ce qui devrait nous amener au pied de la paroi avant la nuit. L’ambition montagnarde plie sous les conditions de ce bivouac, ce n’est pas le froid ou une orage que nous craignons maos plutôt une pluie de rocs fatals sur cette paroi non purgées. Après le premier tour d’un vote à la majorité absolue que nous décidons de redescendre…

 

Thomas

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Il s’agit donc maintenant d’enchaîner les rappels salvateurs jusqu’au glacier, et donc de construire des relais fiables sans laisser trop de matériels. L’absence de becquets nous contraint à pitonner.

Il faisait quasiment nuit lorsque nous atteignons le glacier, un dernier regards jeté sur la paroi de Mir hamza qui nous échappe et il faut enclencher une longe descente jusqu’à camp.

 

Alex et Thomas, traits tirés et mines dépitées au retour de la tentative à Mir Hamza

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Published by Barbara Satre
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30 janvier 2012 1 30 /01 /janvier /2012 15:19

Des parois rocheuses de près de mille mètres de haut, ceinturées de glaciers, un no man’s land de l’alpinisme depuis la dernière expédition il y a 40 ans, pas de cartes ni de topos… Non, ce n’est pas la dernière Cordillère Cachée de Chilivie ou le sommet de l’Annapurjus, mais le massif du Cilo Sat dans le sud-est turc, à seulement 4100 m d'altitude. Les rares photos entrevues dans de vieilles brochures de l’office du tourisme turc ou sur Internet laissent deviner un splendide terrain d’aventure pour le trekkeur, grimpeur ou alpiniste. Pourtant, le conflit entre l’armée turque et la rébellion kurde du PKK a préservé le mystère de ces montagnes.

L’expédition de Bernard Amy en 1969, décrite et illustrée dans le beau récit « la montagne des autres », nous donnera l’eau à la bouche et des fourmis dans les mollets. Vues de Google Earth, ces montagnes s’avéreront moins opaques que l’administration turque le voudrait, et jointes aux photos satellite, aux photos et aux croquis, nous parviendrons à dégager la structure générale du massif et repérer des traversées et ascensions envisageables.

 

Voir articles "des cartes maison" , "un obejctif..des objectifs" et "Itinéraire initial"

 

Préparatifs:


Une fois l’équipe rassemblée et les dates fixées, préparer l’expédition consiste non pas à recevoir et payer un permis de sommet pour un sommet bien défini, comme c’est souvent le cas en Himalaya, mais plutôt à connaître les conditions d’accès à ces montagnes situées prés des frontières irakiennes et iraniennes où les guérilleros du PKK et l’armée turque s’observent et parfois se confrontent. Les démarches entreprises auprès des consulats et ambassades turques en France ne donneront rien sinon des avertissements alarmistes alors que les contacts noués par téléphone avec les autorités locales de Hakkâri, d’abord refrénés par les difficultés de compréhension dans cette région, finiront par butter sur l’inaptitude de nos interlocuteurs à nous répondre. Nous étions pourtant remonter jusqu’au gouverneur d’Hakkari sans recevoir de réponse claire et objective. Tant pis, notre expédition ne dépendra pas du bon vouloir d’un bureaucrate d’Ankara et décision est prise de nous rendre à Hakkari.


Approche: du 24 juillet au 27 juillet:


Après ces mois de palabres et de rêves éveillés devant les images satellite, il nous tarde de fouler les pelouses et glaciers du Cilo Sat. Cette Terre Promise proche-orientale de l’alpinisme commence enfin à se rapprocher lorsque nous entrons le 25 juillet dans le fuselage de l’avion qui nous mène d’Istanbul à Van. Vue du ciel, la Turquie se résume à l'interminable haut-plateau Anatolien, de plus en plus aride et dépeuplé à mesure que l'on s'éloigne de la métropole d'Istanbul et se rapproche des confins orientaux du pays. Le lac de Van, véritable mer intérieure du sud-est turc, apparaît comme un mirage après ces centaines de kilomètres desséchées. L'avion commence à piquer du nez au-dessus du lac comme pour se rafraîchir après ses deux heures de traversée anatolienne. Les brumes de chaleur et de poussière ne laissent toujours pas distinguer le massif du Clio Sat au sud-est ou l'Ararat au nord. 

Van, ville moderne et sans âme poussée au bord du lac mais curieusement beaucoup plus tournée vers les steppes à moutons de l'intérieur que vers la Grande Bleue du lac, fait penser aux villes de pionniers de l'Ouest Américain. Dans cette Turquie orientale qui relève plus du Far East que du Far West, les troupeaux de moutons remplacent les buffalos et les kurdes les peaux rouges, alors que les véhicules blindés de l'armée turque dégagent autant de poussière qu'un régiment de cavalerie yankee pendant la charge... Dans cette ville perdue au cœur des steppes de l'est turc (ne pas dire Kurdistan sous peine de subir les foudres de votre interlocuteur non kurde), l'influence ottomane ne se limite pas aux soldats en treillis paradant sous le drapeau de croissant et d'étoile mais se ressent également dans les portraits d'Atatürk (littéralement le père de tous les turcs) qui jalonnent toute la ville, comme si seul son regard sévère pouvait calmer les ardeurs séparatistes des Kurdes. Presque aussi présents qu’Atatürk, les cuistots des Döner Kebab Salon exposent derrière leurs vitrines leurs bras luisants et leurs sabres.

Par contre et à l'inverse de ce qu'un quidam débarqué de sa lointaine Europe, où le Kurdistan fait figure de PKK-istan peuplé de rebelles moustachus et combattants à l'entraînement, pourrait imaginer, la vie se révèle étonnamment douce et paisible malgré une présence militaire toujours palpable. Les couples flirtent dans la rue main dans la main, les voiles se font bigarrés voire absents. Il faut tendre l’oreille pour entendre le muezzin et apercevoir les montagnes pelées et rocailleuses afin de réaliser que nous n'avons pas atterri dans le quartier le plus occidentalisé d'Istanbul mais à la dernière frontière de l'Empire Ottoman.

Quatre heures de Dolmus (petit bus local) nous emmènent à travers des vallées fertiles et montagnes désertiques vers Hakkari, à l'extrémité sud-est de la Turquie, loin et même très loin du gouvernement d'Ankara. A l’approche de la frontière irakienne le kaki devient par endroits la couleur dominante, en accord avec le gris des casernements et des monts qui ceinturent et surveillent la capitale kurde de l’extrême sud-est. La vie kurde suit son cours malgré la police qui patrouille en véhicules blindés et la présence de bâtiments visiblement récemment détruits: les rues fourmillent, les salons de thé sont comblés de joueurs de go et les pâtisseries débordent de pièges sucrés à montagnards. Ces mêmes qui  arpentent la ville pour constituer leurs provisions sous les regards d’abord étonnés puis bienveillants des autochtones. En effet les touristes sont aussi rares dans la rue que les nuages dans le ciel mais l’honneur de notre présence semble aussi grand que ces magasins de téléphonie qui escortent  les rues.

 Les kurdes d’Hakkari feront ainsi preuve d'une gentillesse et d’une disponibilité sans pareil pour essayer de nous comprendre et de comprendre notre projet. Chose très ambitieuse si l’on sait que nous n’avions pas de langage commun. Peu de kurdes parlent l’anglais et notre seul outil de communication demeura un minuscule dictionnaire anglais-turc. Les kurdes prenaient malgré tout un temps considérable et dégageaient une énergie charitable pour nous trouver la solution. Par exemple Il arrivait très souvent que plutôt de nous faire comprendre qu’elle ne parlait pas anglais, la personne à qui nous nous adressions tire un portable de sa poche et « appelle un ami » parlant anglais pour que ce dernier joue le traducteur. Voir article "Un soutien plus que logistique"

En effet, depuis que nous avons posé les pieds dans l’est turc, nous nous employons à démêler les questions de l’accès au massif. A Van, d’abord, ou le conseiller de l’agence de tourisme auquel nous nous nous renseignons découvre les montagnes du Çilo et du Sat  avec la brochure que nous lui tendons. Ce dernier ne verra pas de contre-indications, en tout cas il n’aura pas d’information sur le sujet. Puis à Hakkari où nous poursuivrons l’enquête à la mairie.

On nous avait installé dans un grand bureau au centre de la bâtisse à l’étage ou on nous abreuvait continuellement de thé. Le thé c’est la poigné de main, plus qu’un facilitateur d’échange, une marque de politesse incontournable. Nous passons ainsi de nombreuses heures à expliquer notre projet à divers interlocuteurs liés de près ou de loin voir de très loin aux activités communales. (La mairie c’est une peu la café du village) On en apprend beaucoup sur la serviabilité des Kurdes, sans limite, mais peu sur l’accessibilité au massif. Une énième tasse de thé à la main, un stylo dans l’autre nous dessinons,  nous mimions des situations de grimpeurs, désignons les sommets sur notre ancienne brochure d’alpinisme turc, notre carte au trésor. Nos vocalises variées dans la prononciation des noms figurant sur la brochure resteront vaines face aux mines intriguées de l’assemblée. A notre décharge toutes les cartes se voient affublées d’un étonnant mélange de Turc et de Kurde. On espéré simplement ne froisser aucune sensibilité en répétant a l’infini les noms de villages et sommets.

Malgré tout on s’organise autour de nous et finalement une personne parlant anglais arrive : Polat, un jeune étudiant de retour dans sa région d'origine, Hakkari, pour les vacances. Non seulement Polat parlait très bien l’anglais mais comprenait aussi notre projet. Tout s’éclaire : il ne voit pas de d’interdiction connue, alors on tente de s’y rendre. En dépit des avertissements solennels proférés à propos de nos futures nuits sous tente à 2500 m (« vous allez mourir congelés »), nous trouvons un valeureux chauffeur de taxi prêt à emmener ces touristes inconscients là où la température nocturne frise les 15°C ! On apprend par la même occasion que le trek d’accès de plusieurs jours que décrit Bernard Amy dans son récit a perdu sa raison d’être, puisque le camp de Mergan situé au pied des parois du Çilo peut maintenant s’accéder par une longue route (difficilement) carrossable.

Nous partons sur la route en direction de Van pour resortir d'Hakkari. Après quelques kilomètres de la sortie de la ville, nous entrons dans le village kurde de Kirig Dag. De là, nous prenons la piste à droite qui monte à Mergan.


Voir articles "Accés au massif du Çilo et du Sat", "Accés au massif du Çilo et du Sat (suite) et "Accés au massif du Çilo et du Sat, conclusion"

 

Arrivée à Mergan:


Mergan, vallée verdoyante zébrée d’un torrent dominé en son fond par le majestueux Resko, cette imposante et sinistre dent noire drapée d’arrêtes déchiquetées qui accrochent le regard. Mais nous découvrons rapidement que Mergan prénomme avant tout le camp de bergers kurdes et leurs troupeaux qui ont investi les lieux…exactement comme le décrivait Bernard Amy dans le récit de son expédition de 1968!

Des petites huttes faites d'empilement de tissus aux couleurs vives bordent le bord gauche de la rivière. Les bergères tout en continuant leurs occupations, nous jettent des regards furtifs sous leurs fichus bariolés. Polat leur explique brièvement notre souhait de séjourner quelques temps dans la vallée. Les visages s’éclairent : nous sommes bienvenus. 

La présence d’une femme dans l’équipe semble rassurer : en effet, la gente masculine travaille en vallée ou en tant que bergers, les femmes restent au camp pour la production du lait et la fabrication du fromage. Ainsi les personnes au camp de Mergan sont à 80% des femmes. Le rôle des hommes et des femmes dans cette communauté qui semble fonctionner sur un mode encore assez traditionnelle est bien cloisonné.

Alors que les enfants s’étonnent de nos pointes de 12 et autres piolets, Barbara est invitée à la traite des bêtes tandis que Thom et Alex font parler leurs mains avec les bergers. La traite deviendra quasiment notre rendez-vous quotidien avec les kurdes, non pas que la taille du troupeau nécessite une paire de main supplémentaire, non, les trois ridicules millilitres au fond de son seau en témoigne, cette invitation à prendre part à une activité du camp est plus un prétexte à la rencontre…

Nous serons régulièrement invités à prendre part à des instants de leur quotidien.

Apres quelques démonstrations de danse au son des transistors d'un autre temps, les kurdes redescendent dans leur minibus. En effet, à l’époque de Bernard Amy, ils devaient séjourner tout l’été en altitude et redescendre à la saison froide au Kirig Dag. La modernité a aussi percé à Mergan, et c'est en minibus qu'ils montent chaque jour s'occuper des bêtes comme ils iraient au bureau. Seuls les bergers, véritables vigils restent la nuit pour veiller sur le troupeau.

Mais il est temps d'installer notre camp : nous élisons domicile quelques centaines de mètre au dessus du camp kurde, au bord du torrent sur un tapis d’herbes odorantes, à environ 2400 m et sous les sommets du Çilo qui frisent voire dépassent les 4000 m. Ce camp qui nous servira de camp de base pour nos ascensions à la journée se trouve doté de tout le confort moderne : eau courante au niveau d'une source claire située à 200 mètres des tentes, douche et machine à laver dans le torrent glaciaire qui roule des eaux revigorantes et primeur dans les champs de menthe sauvage à 50 mètres. Rendez-vous est pris avec notre chauffeur pour la semaine suivante, même si son expression peinée en dit long sur ses doutes en notre capacité à survivre en environnement aussi polaire ! Voir article "Le camp de Mergan"

 

 

 

 

 

 

 

 

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18 janvier 2012 3 18 /01 /janvier /2012 21:14

Le PKK, on en parle peu mais on le chante beaucoup, il est là, il plane au dessus des kurdes comme un sauveur universel…une notion pas si éloignée que cela. Les bergers et jeunes portent volontiers la tenue kaki et le fusil à l’épaule. Marque de sympathie ou preuve d’une réelle implication, on n’a pas osé demander. Parfois les regards montent vers le ciel et on scrutent une arrête ou 3 silhouettes s’en détachent. Le PKK qui jette un œil sur Mergan. Avant de partir Polat nous servira de traducteur et nous les questionnerons sur la valeur de ce combat. Nous serons touchés par leur témoignages : pas de haine, ni de désir de vengeance, juste un besoin d’exister en tant que kurde. Les bergères diront : » nous ne voulons pas de se combat, cela nous ronge, mais nous ne pouvons nous résigner a abandonner ce que nous sommes. « Cela fait presque 100 ans que les kurdes s accrochent à leur rêve, sans baisser les bras.

Apres notre exploration au Cilo notre expédition devait nous conduire au Sat, massif plus rapproché de la frontière iranienne mais aussi plus surveille, nous nous heurterons à l'armée turc sur le trajet. Le chef du bataillon, s'exclamera, en pointant son doigt nerveux sur les montagnes « terror terror ! » Nous demanderons alors ce qu’ils pensent du Massif du Cilo d'ou nous venons. Il reprendra le même refrain : "Le cilo est interdit, il y a des terroristes, c est dangereux. »

Nous comprenons que nous avions débarqué dans une enclave kurde, un no man’s land. Mais les assassins sanguinaires dépeints par le soldat semble bien loin des souriants et bienveillants bergers en tenue du PKK.

C‘est la drôle de réalité de ce conflit insoluble. Les terroristes des uns sont les valeureux résistants des autres. Cette région a un visage à deux faces. Pourtant malgré ce gouffre de contradiction, elle fonctionne et se modernise à grands coups d’investissements turcs, elle avance precautieusement comme un équilibriste progresse sur un fil. Il arrive qu’il se déséquilibre et c’est alors le plongeon dans la violence comme le rappelle le bain de sang de Sinark (village plus à l’ouest d’Hakkari) en décembre dernier.

 

 

 

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18 janvier 2012 3 18 /01 /janvier /2012 21:05

Nous aussi nous avons eu envie de leur faire partager ce que nous étions: une après-midi, nous avons installé des moulinettes et avons fait basculer les volontaires dans le monde de la verticalité. Cela restera très éloigné pour eux mais ils se livrèrent à ce « vit ma vie » avec entrain et curiosité. Peut être avons nous fait naitre des vocations ?

 

Le roc

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En piste!

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Facile...

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18 janvier 2012 3 18 /01 /janvier /2012 21:00

Le mois d’aout est aussi la période ou la laine est coupée, le premier dimanche du mois propose de célébrer cette tradition : c’est la fête de la tonte. A cette occasion les familles de la vallée montent au camp de Mergan. La vallée devient alors un lieu de rassemblement ou chants kurdes et méchouis s ‘enchainent jusqu’au soir. Parmi les femmes aux tenus festives traditionnelles et les bergers endimanchés, quelques cameras et journalistes à micro contrastent par anachronisme.  

 

On se retrouve à Mergan pou la fête de la tonte

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Une apprentie

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Pourtant ce n’est si décalé que cela : les kurdes ont bien compris que pour exister sans état ni nation, il faut préserver cette culture, entretenir cette identité et faire vivre les traditions. Pour cela il faut transmettre et faire partager cette culture au plus grand nombre via les canaux d’information. En discutant avec l’un des journalistes nous réaliserons que cette fierté, se besoin d’appuyer leur différence est le reflet pacifique de leur combat.


Le barbier 

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Le pic nique: mouton au BBQ, spécialité à base de riz et pastéque

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Déjeuner sur l'herbe

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18 janvier 2012 3 18 /01 /janvier /2012 18:51

Mergan, ce mot sonnait dans notre tête comme un Eldorado, c’était le point de départ de nos aventures. Nous étions très septiques quand aux conditions d’accès d’un point de vue administratif comme technique. N ayant pas réussi à dégager la vérité sur les modalités d’accès au massif auprès des autorités, nous nous sommes engagés sur l itinéraire en voiture tout simplement accompagné de nos guides de bonne fortune Polat et du chauffeur, au pire un barrage militaire nous arrêterait. Le second point d’interrogation tenait aux conditions techniques d’accès : existait il un chemin ou devrions nous tracer aussi notre approche ? Si une piste existait, jusqu’ou pourrions nous monter ? Dire que le chemin était carrossable serait présomptueux mais à notre surprise la piste s’avéra assez large pour que les 4 roues de notre véhicule y rentrent et puissent tant bien que mal nous conduire à …Mergan.

 

La piste 

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 Polat

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Mergan, vallée verdoyante zébrée d’un torrent dominé en son fond par le majestueux Resko, cette imposante et sinistre dent noire drape d’arrêtes déchiquetées qui accroche le regard. Mais nous découvrons rapidement que Mergan prénomme avant tout le camp de bergers kurdes et leurs troupeaux qui investissent les lieux…exactement comme le décrivait Bernard Amy dans le récit de son expédition de 1968.

 

Camp de Mergan

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Des petites huttes faites de empilement de tissus aux couleurs vives bordent le bord gauche de la rivière. Les bergères tous en continuant leurs occupations, les bergères kurdes nous jettent des regards furtifs sous leurs fichus bariolés noués sur les cheveux.

Conscients de s’être invité à Mergan, nous n’osons nous avancer et nous jetons des regards timides au campement colorés. Polat explique brièvement notre souhait de séjourner quelques jours dans la vallée. Les visages s éclairent er nous comprenons que nous sommes bienvenus.

 

Alex transporte les sacs à notre campement, de l'autre coté du torrent

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La présence d’une femme dans l équipe semble rassurer : En effet la gente masculine travaille en vallée ou en tant que bergers, les femmes restent au camp pour la production du lait et la fabrication du fromage. Ainsi les personnes au camp de Mergan et a 80% féminines. De plus les meurs locales  selon lesquelles une femme paraît plus innocente font que Barbara constitua un intéressant pont d’échange. Alors que les enfants s étonnent de nos pointes de 12 et autres piolets, Barbara est ainsi invitée à participer à la traite des bêtes. La traite deviendra quasiment notre rendez vous quotidien avec les kurdes, non pas que la taille du troupeau nécessite une paire de main supplémentaire, non, les trois ridicules millilitres au fond de son seau en témoigne, cette invitation à prendre part à une activité du camp est plus un prétexte à la rencontre. Assis sur les pierres qui font office de banc, on échange quelques mots de vocabulaire, on chante, on scande des slogans d un célèbre parti kurde, on plaisante…

 

Barbara et ses copines

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Pourtant dans cette ambiance faussement désinvolte, la traite est expédiée avec efficacité. Apres quelques démonstrations de danse au son des transistors d'un autre temps, les kurdes redescendent dans leur minibus, en effet, a l’époque de Bernard Amy ils devaient séjourner tout l’été en altitude et redescendre à la saison froide au Kirig Dag, la modernité a percé à Mergan aussi, et c'est en minibus qu'ils montent chaque jour s'occuper des bêtes comme ils iraient au bureau. Seuls les bergers, véritables vigils restent la nuit pour veiller sur le troupeau.

 

Un cours de danse

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La relation avec les kurdes fut imprégnée par cette simplicité et cette générosité. Malgré la barrière de la langue et la différence de culture, les échanges se sont faits en toute confiance, sans préjugés, instinctivement. Est ce parce que tout nous séparait, qu’il n’y avait aucune base de comparaison entre nous que la rencontre fut aussi naturelle?  Dans tout les cas, ces rapports juste humains furent des moments forts et rares.


Aava, Fatma, Thom et Alex

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A qui ressemble la journée d’un kurde de Mergan ? Barbara, blessée au genoux profitera de sa dispense de sport pour faire un stage d’insertion: cela commence la matin, ou les bêlements des troupeaux qui descendent des montagnes pour rejoindre le sas de traite la tire du duvet.


On surveille le troupeau

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L'organisation de la traite est la même que celle décrite par Bernard Amy. Un demi parc ouvert sur un sas de muret de pierre permet de stocker les bêtes avant qu’elles ne passent au compte gouttes dans le sas. Les bergères sont assises en 2 rangées parallèles telles deux équipes de rugby qui se font face. Elles ont revêtu un pantalon de jute sur leur jupe qui les protège des salissures. Au centre stratégiquement perché sur un gros cairn avancé sur l’entrée du parc, un berger-arbitre distribue les brebis de part et d’autres de son ilot pierreux aux bergères qui les interceptent pour les traire. Les enfants jouent les ramasseurs de balles en allant chercher les bêtes resquilleuses.


Fatma pousse les bêtes vers le fond du parc

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L'équipe en action

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Le match terminé, les bidons remplis sont ensuite filtrés. On les entrepose dans des bassins d’eau fraiche naturels  en attendant que les braises rougissent et que les ateliers successifs à la fabrication des fromages se montent. Tandis qu’on grignote des concombres en guise de sucre d’orge et qu’on sirote un verre de thé. Le lait tiédit sous le feu, dans quelques heures se sera du yaourt ou du fromage blanc aux herbes. La chaleur de l’après midi invite à s’assoupir mais bien souvent d’autre activités s’embraillent comme le lavage de la laine ou la collecte de branchage pour le feu. Ces taches sont souvent réservées aux enfants.

Puis l’ombre du resko s agrandit les crêtes se dorent il est temps d’amorcer la traite du soir avant de rentrer.

 

Le sas de traite

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Fabrication du fromage aux herbes...

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... et du yaourt nature!

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Puis on rince les bidons qui servent à recuillir le lait

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Toufik enfile son pantalon de travail

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Et toujours le Resko

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8 décembre 2011 4 08 /12 /décembre /2011 12:45

Une pensée pour Danielle Mitterrand, « la mère des Kurdes », qui s’est éteinte le 22 Novembre dernier. Danielle Mitterrand a soutenu la cause kurde à travers sa fondation France Liberté.

Ci-dessous un lien sur un article retraçant les actions menées par Danielle Mitterrand sur le terrain de la diplomatie et son engagement pour la cause kurde.

 

http://www.france-libertes.org/25-ans-d-Histoire-France-Libertes.html

 

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4 décembre 2011 7 04 /12 /décembre /2011 22:16

Voici une ve d'ensemble du Massif. Nous sommes sur les flancs de montagnes au Nord -Est du Massif, sous nod pieds la vallée de Mergan et sur notre gauche les deux vallons principaux, celui qui méne au Resko et Bobek et celui du Suppradürek.

 

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Au Nord-Est du Massif, au dessus du camp de Mergan: pas de glacier ni de sommet majeur mais un ban de falaises ocres au rocher globalement bon, voir même trés bon et accrochant.

 

Falaises N-E Mergan

 

Un Truc Cafer

Au dessus du campement kurde, à gauche du col Deri Cafer.

 

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Barbara et Thom shootés par Alex au relais 2

Dans un truc Cafer-copie-1

 

sur l'approche, quelques rochers éxubérants

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Mergan Express

Au dessus du campement, plus a droite du col Deri Cafer.

Une voie ouvert en fin de journée, aprés avoir participer aux festivitées de la tonte des bêtes, il fallait ouvrir vite d'ou son nom le Mergan Express.

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Mergan Express topo

 

Alex s'est installé pour pitonner.

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Dans la dernière longueur

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Avva

 Clin d'oeil à Avva, adorable petite fille kurde qui partagea beaucoup de son quotiiden avec nous au camp de Mergan.

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III-E 02topo

 

Thom dans la sortie

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Au coeur du Massif, des glaciers parfois imposants, tel que le glacier du Suppradürek et toujours du rocher

 

Le massif vu du col Deri Cafer, au fond le Reçko et à droite l'Eslan

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Le Suppradürek et son glacier

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Ascension du col qui nous a permis de basculer sur le glacier du Suppradürek

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Montée au col

 

La dernière longueur qui mène au col

Du col

 

Redescente en rappel sur le glacier du Suppradürek

Redescente en Rappel

 

Arrivée du rappel ...acrobatique

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Alex dans son rappel

Rappel

Eslan arête Sud

 

Eslan

 

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La pyramide de l'Eslan vue du glacier Suppradürek

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Dans l'ascension de l'Eslan, le Suppradürek parait intouchable

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L'arête de l'Eslan

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Sur le fil de l'Eslan

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Entre ciel et terre

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Quelques rochers branlants plus loin 

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Mais ou est Thom'?

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Men in black

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Eslan versant Est

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Mirhamza

 

Pointe epurée et esthétique

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a l'attaque de Mirhamza

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Barbara apprécie le rocher trés peu patiné

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Pic nic aérien

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Découverte de grottes et lacs

 

 

"Sur votre droite, vous avez les lacs, sur votre gauche, les grottes"

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Lac sous la face Sud -Est de Mirhamza

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La vigie

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Zoom

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2 décembre 2011 5 02 /12 /décembre /2011 23:54

Bernard Amy avait mené une expédition dans le Çilo il y a une quarantaine d'année. Nous avons pu juxtaposer nos deux expériences, noter les différences,les choses qui n'avait pas changé. Nous lui avons aussi donner des nouvelles de la communauté de Mergan qu'il avait lui aussi côtoyé! Ainsi si l'accès à la vallée de Mergan s'est simplifié avec la construction d'une piste, les méthodes des bergers sont pratiquement identiques. Les glaciers ont reculé certes mais les montagnes elles sont toujours là, immuables. Bernard Amy a réalisé de belles ascensions dans le massif, qu'il décrit dans son livre "La montagne des autres".

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2 décembre 2011 5 02 /12 /décembre /2011 23:52

Nous nous y attendions vraiment pas ! Notre présentation (terminée tard dans la nuit la veille) n’était pas rodée et très « artisanale ».  Mais le public de ce festival a semble-t-il était très sensible à l’aspect humain de ce voyage. On dirait en effet que cette rencontre assez singulière avec la communauté kurde de Mergan n'a pas marqué que nos esprits.


Pouvoir partager nos photos et notre expérience avec le public a été un moment très fort. Et nous avons également beaucoup apprécié le temps passé avec les organisateurs (aux petits soins), les intervenants et les invités, Bernard Germain, Patrick Goffi, Edouard Schoene. Parmi les invités un surprise de taille nous attendait: Bernard Amy avait été invité! On était dans nos petits souliers...


Bref ça fait du bien au moral de trouver des gens qui partagent les mêmes passions pour la montagne, la rencontre et  la découverte. 


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L'équipe

Çilo Sat'ourne!

Le film!

 

Sorry, je l'enlève pour qu'il reste exclusif jusqu'au 25 octobre prochain. Date des rencontres Expé à Grenoble.

Vu à la télé kurde