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18 janvier 2012 3 18 /01 /janvier /2012 18:51

Mergan, ce mot sonnait dans notre tête comme un Eldorado, c’était le point de départ de nos aventures. Nous étions très septiques quand aux conditions d’accès d’un point de vue administratif comme technique. N ayant pas réussi à dégager la vérité sur les modalités d’accès au massif auprès des autorités, nous nous sommes engagés sur l itinéraire en voiture tout simplement accompagné de nos guides de bonne fortune Polat et du chauffeur, au pire un barrage militaire nous arrêterait. Le second point d’interrogation tenait aux conditions techniques d’accès : existait il un chemin ou devrions nous tracer aussi notre approche ? Si une piste existait, jusqu’ou pourrions nous monter ? Dire que le chemin était carrossable serait présomptueux mais à notre surprise la piste s’avéra assez large pour que les 4 roues de notre véhicule y rentrent et puissent tant bien que mal nous conduire à …Mergan.

 

La piste 

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 Polat

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Mergan, vallée verdoyante zébrée d’un torrent dominé en son fond par le majestueux Resko, cette imposante et sinistre dent noire drape d’arrêtes déchiquetées qui accroche le regard. Mais nous découvrons rapidement que Mergan prénomme avant tout le camp de bergers kurdes et leurs troupeaux qui investissent les lieux…exactement comme le décrivait Bernard Amy dans le récit de son expédition de 1968.

 

Camp de Mergan

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Des petites huttes faites de empilement de tissus aux couleurs vives bordent le bord gauche de la rivière. Les bergères tous en continuant leurs occupations, les bergères kurdes nous jettent des regards furtifs sous leurs fichus bariolés noués sur les cheveux.

Conscients de s’être invité à Mergan, nous n’osons nous avancer et nous jetons des regards timides au campement colorés. Polat explique brièvement notre souhait de séjourner quelques jours dans la vallée. Les visages s éclairent er nous comprenons que nous sommes bienvenus.

 

Alex transporte les sacs à notre campement, de l'autre coté du torrent

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La présence d’une femme dans l équipe semble rassurer : En effet la gente masculine travaille en vallée ou en tant que bergers, les femmes restent au camp pour la production du lait et la fabrication du fromage. Ainsi les personnes au camp de Mergan et a 80% féminines. De plus les meurs locales  selon lesquelles une femme paraît plus innocente font que Barbara constitua un intéressant pont d’échange. Alors que les enfants s étonnent de nos pointes de 12 et autres piolets, Barbara est ainsi invitée à participer à la traite des bêtes. La traite deviendra quasiment notre rendez vous quotidien avec les kurdes, non pas que la taille du troupeau nécessite une paire de main supplémentaire, non, les trois ridicules millilitres au fond de son seau en témoigne, cette invitation à prendre part à une activité du camp est plus un prétexte à la rencontre. Assis sur les pierres qui font office de banc, on échange quelques mots de vocabulaire, on chante, on scande des slogans d un célèbre parti kurde, on plaisante…

 

Barbara et ses copines

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Pourtant dans cette ambiance faussement désinvolte, la traite est expédiée avec efficacité. Apres quelques démonstrations de danse au son des transistors d'un autre temps, les kurdes redescendent dans leur minibus, en effet, a l’époque de Bernard Amy ils devaient séjourner tout l’été en altitude et redescendre à la saison froide au Kirig Dag, la modernité a percé à Mergan aussi, et c'est en minibus qu'ils montent chaque jour s'occuper des bêtes comme ils iraient au bureau. Seuls les bergers, véritables vigils restent la nuit pour veiller sur le troupeau.

 

Un cours de danse

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La relation avec les kurdes fut imprégnée par cette simplicité et cette générosité. Malgré la barrière de la langue et la différence de culture, les échanges se sont faits en toute confiance, sans préjugés, instinctivement. Est ce parce que tout nous séparait, qu’il n’y avait aucune base de comparaison entre nous que la rencontre fut aussi naturelle?  Dans tout les cas, ces rapports juste humains furent des moments forts et rares.


Aava, Fatma, Thom et Alex

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A qui ressemble la journée d’un kurde de Mergan ? Barbara, blessée au genoux profitera de sa dispense de sport pour faire un stage d’insertion: cela commence la matin, ou les bêlements des troupeaux qui descendent des montagnes pour rejoindre le sas de traite la tire du duvet.


On surveille le troupeau

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L'organisation de la traite est la même que celle décrite par Bernard Amy. Un demi parc ouvert sur un sas de muret de pierre permet de stocker les bêtes avant qu’elles ne passent au compte gouttes dans le sas. Les bergères sont assises en 2 rangées parallèles telles deux équipes de rugby qui se font face. Elles ont revêtu un pantalon de jute sur leur jupe qui les protège des salissures. Au centre stratégiquement perché sur un gros cairn avancé sur l’entrée du parc, un berger-arbitre distribue les brebis de part et d’autres de son ilot pierreux aux bergères qui les interceptent pour les traire. Les enfants jouent les ramasseurs de balles en allant chercher les bêtes resquilleuses.


Fatma pousse les bêtes vers le fond du parc

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L'équipe en action

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Le match terminé, les bidons remplis sont ensuite filtrés. On les entrepose dans des bassins d’eau fraiche naturels  en attendant que les braises rougissent et que les ateliers successifs à la fabrication des fromages se montent. Tandis qu’on grignote des concombres en guise de sucre d’orge et qu’on sirote un verre de thé. Le lait tiédit sous le feu, dans quelques heures se sera du yaourt ou du fromage blanc aux herbes. La chaleur de l’après midi invite à s’assoupir mais bien souvent d’autre activités s’embraillent comme le lavage de la laine ou la collecte de branchage pour le feu. Ces taches sont souvent réservées aux enfants.

Puis l’ombre du resko s agrandit les crêtes se dorent il est temps d’amorcer la traite du soir avant de rentrer.

 

Le sas de traite

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Fabrication du fromage aux herbes...

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... et du yaourt nature!

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Puis on rince les bidons qui servent à recuillir le lait

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Toufik enfile son pantalon de travail

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Et toujours le Resko

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Published by Barbara Satre
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Le film!

 

Sorry, je l'enlève pour qu'il reste exclusif jusqu'au 25 octobre prochain. Date des rencontres Expé à Grenoble.

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