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1 février 2012 3 01 /02 /février /2012 16:00

28 juillet: Exploration autour de l'Eslan

 

4h du matin le 28 juillet, notre première journée d’alpinisme vient de démarrer. L’objectif est de trouver un point de faiblesse sur la crête sommitale du massif à gauche ou a droite du Resko. Ces percés et devraient nous permettre d’explorer soit les deux bassins glaciaires du massif autour de l’Elsan ou bien les vallées sud du massif.

Lestés comme une Peugeot Kurde de notre quincaillerie nous remontons la vallée glaciaire du Resko sur un semblant de sentier marqué du passage des troupeaux, le long du torrent de fonte. Une heure de marche plus tard nous gagnons le fond de la vallée et les bords du lac de moraine né du recul du glacier du Duvar Tepe. Les taches de couleurs des fleurs piquetant les rives du lac répondent aux stries blanches et grises des séracs qui s’effondrent dans le lac, sous les parois immuables du Resko et du Duvar Tepe. Les appareils photo crépitent devant ce paysage quasi-Patagonien presque incongru dans ces confins orientaux, à quelques centaines de kilomètres de la fournaise estivale du désert Irakien…

 

Le Glacier du Duvar Tepe

Ascensions 0042

Sur la gauche du Resko qui nous fait face, le col à vache indiqué sur le croquis s’avéra être une inquiétante brèche dans une inquiétante falaise échouant sur un glacier souligné de barres rocheuses. Son ascension nous parait complexe et c‘est sur les parties du droite du massif, les contreforts Est du Duvar Tepe au-dessus du glacier éponyme, que nous nous engageons.

Le terrain fait de pelouses alpines raides coupées de barres rocheuses se montre assez ingrat : les touffes d’herbes et massifs de fleurs s’avèrent aussi agréables pour les yeux qu’utiles pour les mains quand les pieds commencent à déraper sur ses pentes abruptes. Aux environs de 3000 m les dernières fleurs laissent la place aux éboulis puis aux rochers polis abandonnés par les glaciers désormais limités aux cirques sommitaux.

A 3300 m, nous sortons les crampons pour attaquer les glaciers à vif sur leurs parties basses. Nous découvrons une brèche dans la crête sommitale qui borde le bassin glaciaire à environ 3700 m, que nous atteignons après avoir contourné une rimaye dont l’appétit commence à s’ouvrir. L’horizon s’ouvre alors sur les contreforts sud du massif et leurs sommets arrondis parsemés de névés. De la brèche la progression sur l’arête est et ses ressauts déversant semblent difficiles.  Nous choisissons de tenter de traverser vers le glacier du Suppa Dürek situé derrière les falaises qui nous font face à l’ouest.

Après la redescente  en diagonal sur le glacier 3 longueurs d’escalade en 4 sup sur un rocher parfois traître nous emmènent à 3600 m sur la crête, de laquelle la descente vers le glacier du Süppa Durek nous semble possible en 2 ou 3 rappels.

 

Crête à atteindre

Montée au col

De cette crête, Le panorama s’étend sur l’ensemble du massif du Cilo, et la plupart des sommets semblent protégées par de hautes (souvent plus de 800 m de hauteur) parois rébarbatives. Nous croyons  cependant discerner quelques itinéraires envisageables en suivant des rares lignes de faiblesse.

 

Dans les dernières longueurs faciles qui permettent d'accéder à la ligne de crête

Du col

 

Du bas du premier rappel d’où nous surplombons le glacier du Süppa Durek, celui-ci nous semble étonnamment proche, et nous posons le dernier rappel. Malheureusement, les 50 m des cordes de rappel abandonnent Alexandre en pleine paroi polie par le glacier. Alex improvise une désescalade exposée, 5 mètres au-dessus d’une rimaye béante affamée en cette fin d’après-midi. Nous terminons cette dernière difficulté sur coinceurs et pitons mais la descente est encore longue.

 

Alex décontracté dans le premier rappel

Rappel

Il faut descendre ce vaste glacier du Suppradurek et son imposant névé, accolé sur son bas. Fort heureusement la descente nous réserve peu de surprise si ce n’est un délicat passage raide et glissant sur des rochers lissés par les glaces. Ici aussi le réchauffement climatique ne se cache plus pour montrer ses attaques.

Alors que le soleil disparaît sous les collines pelées à l’ouest nous prenons ensuite pied sur les pierriers de moraine instables qui heureusement après quelques centaines de mètres et presque autant de jurons cèdent place aux pelouses alpines nous ramenant au camp. Il est 21 h, nous marchons depuis 16h, il fait nuit depuis 3 heures et faim depuis presque autant. Nous mangeons dans le silence, les montagnes oubliées du Cilo encore dans les mirettes malgré la nuit qui nous entoure. Une douce torpeur commence à nous envelopper avec la tension de cette longue journée qui s’éloigne, et il n’y a rien d’autre à faire que de céder à cette  petite mort du montagnard repu de parois et de sommets…

Longue redescente sur le glacier du Suppra Durek

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29 juillet: découverte des falaises de la rive droite du Mia Hvara

Le lendemain au réveil le soleil éclaire déjà le sommet du Resko, et de fait la tempête de ciel bleu perdurera durant toute la semaine passée sur le Cilo. Le ciel présente ici une constance inconnue des alpinistes français branchés sur les prévisions météo. L’anticyclone vissé sur le sud-est Turc tout l'été garantit un ensoleillement à peine contrarié par quelques passages de nuages élevés. Les températures caniculaires en plaine, chaudes en montagne (entre 15 et 20 °C la nuit au camp à 2500 m, mêmes valeurs la journée à l’ombre à 3500 m, y compris sur les glaciers) font que les polaires et autres vêtements de protection n’ont eu pour fonction que d ‘encombrer les fond de sac. Ce non regel nocturne a avant tout pour conséquence de garantir des conditions de neige constante. Les glaciers lorsqu’ils ne sont pas à vif offrent une couverture neigeuse stable et tassée à tout heure.

Ainsi la disparition du risque d'évolutions orageuses et la constance des conditions neigeuses  nous donnent la bénédiction pour des réveils pas trop matinaux (entre 4h et 5h).

Mais en ce lendemain de bambée, les muscles sourient moins que le ciel. Les beaux piliers situés rive droite du torrent du Mia Hvara, en face des tentes, semblent tout indiqués pour une journée de « repos ». Ici pas d’approche glaciaire, mais les chardons qui seuls résistent aux assauts des troupeaux marqueront également nos mollets.

 

Falaise Nord-Est

Falaises N-E Mergan

Après 2 heures de marche nous parvenons au col de Der-I-Cafer et y découvrons ce qui ressemble à des vestiges récents de combats. Après avoir mitraillé le panorama de photos, nous décidons de gravir un beau pilier s’élançant en face du col sur une hauteur d’environ 150 m. L’escalade y tient toutes ses promesses sur un beau rocher sculpté d’une adhérence exceptionnelle, avec des passages verticaux mais toujours prisus, le tout face aux sommets du Cilo.


Un truc Cafer

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 Le retour à pieds du sommet dans les pentes herbeuses n’est une formalité que pour Alexandre et Thomas. Barbara trébuche sur une pierre et chute sur les genoux. Ce derniers ne tolèreront pas d’appui francs. Il ne reste moins d’une demi-heure de marche qu’on effectuera en 3 fois plus de temps encore une fois à la frontale. Nous prenons la mesure d’un accident dans un environnement isolé, sans possibilité d’alerte et ou d’assistance.

Vue du Col Deri Cafer

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Dans un Truc Cafer

Dans un truc Cafer-copie-1

30 juillet: tentative Eslan, l'école d'escalade de Mergan

La troupe est déjà marquée : Les genoux de Barbara rechignent à plier tandis que les douleurs au ventre d’Alexandre se sont intensifiées cette nuit. Alex et Thomas décident malgré tout de viser le sommet de l’Elsan, qui nous a semblé accessible par son arête sud lors notre première journée. Ils et reprennent le chemin de l’avant veille.

Barbara profitera de sa dispense de sport pour faire un stage d’insertion au camp kurde: D’ailleurs, Les troupeaux qui coulent sur les flancs des montagnes annoncent que l’heure de la traite approche. Juste le temps de nouer un foulard sur la tête et de couvrir les épaules que les bergers se détachent du flux du troupeau pour nous convier à un thé. Il fait terriblement chaud sous ce qui est pourtant une tenue très légère comparée aux empilements de pantalons et de jupons que portent les femmes kurdes. Voir article "Une journée à la kurde"

L'organisation de la traite est la même que celle décrite par Bernard Amy. Un demi parc ouvert sur un sas de muret de pierre permet de stocker les bêtes avant qu’elles ne passent au compte gouttes dans le sas. Les bergères sont assises en 2 rangées parallèles telles deux équipes de rugby qui se font face. Elles ont revêtu un pantalon de jute sur leur empilement de jupe et jupons qui les protège des salissures. Au centre, stratégiquement perché sur un gros cairn avancé sur l’entrée du parc, un berger-arbitre distribue les brebis de part et d’autres de son ilot pierreux aux bergères qui les interceptent pour les traire. Les enfants jouent les ramasseurs de balles en allant chercher les bêtes resquilleuses.

Le match terminé, les bidons remplis sont ensuite filtrés. On les entrepose dans des bassins d’eau fraiche naturels  en attendant que les braises rougissent et que les ateliers successifs à la fabrication des fromages se montent. Tandis qu’on grignote des concombres en guise de sucre d’orge et qu’on sirote un verre de thé. Le lait tiédit sous le feu, dans quelques heures se sera du yaourt ou du fromage blanc aux herbes. La chaleur de l’après midi invite à s’assoupir mais bien souvent d’autre activités s’embraillent comme le lavage de la laine ou la collecte de branchage pour le feu. Ces taches sont souvent réservées aux enfants. 

 Ces quelques heures de calme permettent aux adulte a s’adonner la prière. La communauté Kurde de Mergan est musulmane, mais nous sommes bien loin des clichés religieux  moyen-orientaux : Les femmes ne sont pas voilées jusqu’au bout du nez, le fichu coloré qu’elle nouent sur le cheveux tient plus de la tenue traditionnelle que de l’impératif religieux. En période de Ramadan, le fil de prière est globalement respecté, en dehors de cette période, les usages semblent être assez permissifs : la pratique assidue n’est pas une généralité. En bref, la religion si elle fait partie de leur existence (on fait référence à Allah dans certains slogan du PKK) n’envahit pas le quotidien.

Plus haut sur les flancs de l’Eslan, les intestins d’Alexandre ne sont pas plus vaillants que les genoux de Barbara. Au début des moraines du Tepe décision est prise  de renoncer et redescendre rentrer au camp.

L’équipe est ainsi de nouveau au complet mais pour la plupart guère apte à quelques unes ascensions aujourd hui. L’occasion alors de faire partager nos activités à nos voisins : nous installons des moulinettes et faisont ainsi basculer les volontaires dans le monde de la verticalité. Cela restera très éloigné pour eux mais ils se livrèrent à ce « vit ma vie » avec entrain et curiosité. Peut être avons nous fait naitre des vocations ? Voir article "L'école d'escalade sur le roc de Mergan"

 

L'élégante Eslan

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31 juillet: Fête Kurde et promenade digestive verticale


Aujour dhui est une journée particulière, c’est ce que nos voisins kurdes nous avait fait comprendre à force de mimes et gestuelles hier : c’est la fête de la tonte. Les mois d’été sont en effet la période ou la laine est coupée,  ainsi ce 31 juillet se propose de célébrer cette tradition :

À cette occasion les familles de la vallée montent au camp de Mergan dans leurs plus beaux habits. La vallée habituellement si sauvage est méconnaissable : tonte, lavages de la laine et BBQ de mouton le tout largement agrémenter de chant kurdes s‘enchainent jusqu’au soir. Chaque famille  s’accapare un espace de verdure ou elle installe son camp pour la journée, un drap au sol ou une petite tente.  Pendant que l’on tond le cheptel, un mouton ou une chèvre est dépecé et préparé pour le repas de midi. Toutes les familles ainsi parsemée dans le vallée auront sensiblement le même menu : riz, salade de tomates et concombres, viandes grillées, mangées entre deux tranches de pain puis pastèque et bien sûr le thé, incontournable. Voir article "La fête de la tonte" et voir la vidéo de la fête de la tonte

Parmi les femmes aux tenus festives traditionnelles et les bergers endimanchés, quelques cameras et journalistes à micro contrastent par anachronisme. Ils immortalisent cette tradition avec ferveur, Notre présence insolite les intéressera beaucoup et ferra même l’objet de menus reportages. Cette couverture médiatique nous a d’abord surpris mais avec du recul, nous réalisons maintenant que ce n’est si décalé que cela : les kurdes ont bien compris que pour exister sans état ni nation, il faut préserver cette culture, entretenir cette identité et faire vivre les traditions. Pour cela il faut transmettre et faire partager cette culture au plus grand nombre via les canaux d’information. En discutant avec l’un des journalistes nous réaliserons que cette fierté, se besoin d’appuyer leur différence est le reflet pacifique de leur combat. Voir article "On en parle peu..."

Les derniers clichés pris, la dernières bouchés de sandwich au fois de moutons ingurgitées,  nous optons pour une promenade verticale digestive sous la forme d’un beau pilier d’une centaine de mètres de haut repéré depuis le bas, dont la descente semble possible à pieds par un système de vires. La grimpe s’y avère un poil plus difficile qu’escompté du bas. Nous rentrons après deux longueurs d’une escalade courte mais physique sur un rocher sculpté, presque coupant. Les chaussons cramponnent presque à la verticale sur ces micros piquos de calcaire.


Mergan Express ou la "promenade" digestive

Mergan Express topo

Encore quelques mouvements pour Thomas

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1er août: ascension de L'Eslan

Aujourd’hui nous ne pouvons prétexter aucune blessure ou fête Kurde pour paresser dans le duvet. Nous partons aux premières lueurs du jour en direction de l’Elsan dont la première tentative a été vite avortée l’avant-veille… L’accès désormais bien connu ne nous pose aucune difficulté. 

 

Eslan

Voie d'ascension au col

Au bout de 4 heures de quasi escalade dans les pentes herbeuses et sur les crêtes des moraines nous arrivons au pied de l’arête sud-ouest. Nous grimpons les longueurs qui nous séparent du sommet sur des rochers aussi solides qu’un budget Grec. Suivre l’arête s’avère être l’itinéraire le plus protégeable sur ce rocher délité et le moins exposé aux chutes de pierres quasi constantes dans les parois.

 

Vu de l'arête sud-ouest

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Dans ce terrain de piles d’assiettes en pleines scènes de ménage, la descente se fait en désescalade précautionneuse. Après quelques longueurs délicates sur la partie haute de l’arête sud-ouest, nous pouvons remiser les baudriers au fond du sac et descendre les rochers brisés de la partie basse de l’arête. Une enfilade de névés nous permet de rejoindre en ramasse le lac glacière du Duvar Tepe sur sa partie basse, et ainsi d’éviter l’interminable descente par les pentes herbeuses.

Toujours sur la crête

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Sur la crête, un rare passage ou le rocher est bon

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Voilà notre premier vrai sommet du massif du Cilo gravi… certes pas le plus alpin mais en tout cas un belvédère unique sur tout le massif de par sa position reculée en deçà de la crête principale.


Au sommet, au fond le Resko

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2 août: Escalade d'un éperon sur les falaises de droite: voie Havva


Aujourd’hui l’objectif est de grimper moins haut mais plus dur, et c’est donc tout naturellement que nous retournons vers les belles parois rocheuses de la rive droite du torrent du Mia Hvara, juste en face de nos tentes. Nos velléités de trouver un itinéraire pas trop difficile dans toute la face, débouchant sur la crête 800 m plus haut, se retrouvent face à un mur compact de calcaire sans ligne de faiblesse évidente.

Après un long repérage au bas de la parois et au zoom des appareils photos, nous finissons par repérer un éperon ne paraissant pas trop difficile et débouchant sur un col rocheux situé sous un surplomb plus que rébarbatif, même vu depuis le bas de la voie. Nous commençons donc l’ascension sans grand espoir de passer ce col. L’escalade devient vite plaisante sur un rocher qui colle aux chaussons, de plus en plus soutenue jusqu’à une très belle quatrième longueur en 6a. Alex en tête hésite sur le meilleur itinéraire, pitonne, dépitonne, monte, descend, part à droite, à gauche, pour finalement trouver sa voie et relayer sous le col après un joli petit pas de surplomb sur bacs. De ce relais le col n’est plus qu’à un jet de corde, et nous y parvenons tout émoustillés à l’idée d’admirer les contours de notre surplomb sous un nouvel angle. Las, ce surplomb ne semble pas plus facile que vu du bas, et il nous faut donc envisager une retraite sans conquérir l’impossible. Nous prenons une vire descendante prometteuse, et effectivement cette vire nous amène facilement sur un impressionnant couloir de pierrailles qui fend le rideau de parois rive droite du torrent du Mia Hvara. Ce couloir très encaissé sous des parois de 500 m de haut à l’ambiance presque spéléologique conduit facilement sur ses éboulis roulements à billes au pied de la paroi et à la prairie accueillante où paissent nos tentes.

Ce retour précoce permettra un coucher avec les poules… euh les moutons le soir, en préparation de la très grande journée d’alpinisme prévue le lendemain.


Voie Avva

 Avva Topo-copie-1

 

3 août: Tentative Mir Hamza


Le départ se fait aux premières lueurs pour l’aiguille de Mir Hamza, ayant été repérée sous différents angles lors de la traversée glaciaire du 28 juillet et de l’ascension de l’Elsan l’avant-veille. Une aiguille calcaire bien individualisée, de profil triangulaire, dominant la langue terminale du glacier du Suppa Durek, dont la face est semble offrir des éperons à l’escalade accessible à nos modestes moyens de grimpeurs.

L’approche consiste à passer progressivement des douces prairies du camp au plateau glaciaire du Suppa Durek, à travers éboulis, pentes de neige raides puis langue en glace vive du glacier du Suppa Durek. Itinéraire que nous avant ouvert à la descente le premier jour d’exploration.

La paroi est de l’aiguille de Mir Hamza se rapproche, et aucune rimaye ne vient gêner le passage de la glace vive de la langue terminale du glacier aux rochers instables laissés là par le recul glaciaire très rapide, encore plus évident ici.


Mir Hamza

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L’observation du beau rocher calcaire compact nous met des fourmis dans les chaussons, et c’est la fleur au descendeur que nous commençons par grimper corde tendue puis tirons notre première longueur dans un beau dièdre.

Picnique aérien pour Alex

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Dans ce terrain d’aventures intégral, jamais topographié, parcouru ou purgé, il importe de tester chaque prise et de trouver le bon itinéraire, même si le rocher offre pléthore de becquets à sangles et de fissures et friends. Dans ces conditions les longueurs se succèdent relativement vite, et même si le sommet paraît toujours aussi lointain.

Barbara

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Même si le temps nous paraissait suspendu dans ce silence immuable, sur cette paroi où nous progressons sans que la cime semble se rapprocher, la montre nous indique une heure déjà bien avancée, ne nous laissant que 2 heures avant le crépuscule. Il est encore temps de nous décider, sachant donc que 2 options peuvent être choisies : poursuivre l’ascension et donc très probablement bivouaquer en paroi sans aucun matériel (mais les nuits sont douces dans le Cilo, même à haute altitude), en attendant patiemment sur une vire inconfortable vachés sur un bout de métal que l’horizon s’éclaire à l’est, ou entamer de suite les rappels de descente, ce qui devrait nous amener au pied de la paroi avant la nuit. L’ambition montagnarde plie sous les conditions de ce bivouac, ce n’est pas le froid ou une orage que nous craignons maos plutôt une pluie de rocs fatals sur cette paroi non purgées. Après le premier tour d’un vote à la majorité absolue que nous décidons de redescendre…

 

Thomas

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Il s’agit donc maintenant d’enchaîner les rappels salvateurs jusqu’au glacier, et donc de construire des relais fiables sans laisser trop de matériels. L’absence de becquets nous contraint à pitonner.

Il faisait quasiment nuit lorsque nous atteignons le glacier, un dernier regards jeté sur la paroi de Mir hamza qui nous échappe et il faut enclencher une longe descente jusqu’à camp.

 

Alex et Thomas, traits tirés et mines dépitées au retour de la tentative à Mir Hamza

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Published by Barbara Satre
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Sorry, je l'enlève pour qu'il reste exclusif jusqu'au 25 octobre prochain. Date des rencontres Expé à Grenoble.

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